Dans cet épisode je vous partage le récit qu’Audrey a souhaité porter. Pour la première fois, je vous partage l’histoire de quelqu’un qui a voulu porter sa voix spontanément, sans que j’aille la chercher et sans faire partie de mes amis proches, pour tenter cette expérience avec courage et vulnérabilité. Je ne peux que la remercier encore pour sa confiance qui m’a été précieuse et qui a fait naître un épisode riche et intense. J’ai été émue et révoltée à plusieurs reprises, car on y parle des discriminations qu’elle a pu subir dès l’école primaire, et qu’elle continue à subir aujourd’hui dans une société grossophobe et violente. J’ai surtout été touchée par la force des histoires d’Audrey, par sa façon de se raconter, de partager son intimité, qu’elle perçoit souvent comme négative mais remplie de poésie. Et j’ai été également touchée par sa reconnaissance, qui m’a portée et qui continue de me porter quand je repense à ses mots, ceux qui me remercient de lui avoir donner l’espace pour porter sa voix. Je doute souvent de la portée de ce podcast, mais ces mots-là me permettent de ne pas m’attarder sur mes doutes et de savoir que ça a du sens, peu importe lequel.

Beaucoup de ressources enrichissantes sont disponibles un peu plus loin, je vous invite vraiment à vous y pencher. Je vous souhaite des couleurs douces sur des murs blancs, et un regard bienveillant sur vous-même.

Ella

Se repérer dans l’épisode :
00:00 : présentation et description d’un appartement cocon, entre appropriation et inspiration
5:00 : ses passions : vivre d’autres vies à travers la lecture, s’y enfermer parfois pour fuir la solitude mais aussi s’en servir comme moteur pour fonder des amitiés solides. Réaliser sa légitimité à dessiner. « L’aquarelle ça m’apaise ».
14:40 : la danse comme appropriation de son corps et construction d’une estime de soi. Réaliser que l’on a un corps cohérent et fonctionnel, avec un sens du rythme grâce aux claquettes. Être capable et douée. « La danse c’est des moments où on rencontre le corps des autres. »
25:15 : « je suis une personne dans un corps gros ». De la difficulté d’être vue à cause de la méchanceté ambiante. L’école ou le lieu dans lequel se défendre c’est risquer d’être puni.e. Injustice, difficulté à réagir et absence de reconnaissance de la part des adultes.
33:30 : être victime de discrimination et de harcèlement de façon quotidienne, la période du collège. « On mange nos émotions », comprendre que la prise de poids révèle un problème à soigner.
38:40 : les cures d’été d’un mois ou camps pour personnes obèses vécues comme une punition et vaines. Entre pression et honte. Sa phobie des hôpitaux et son rejet des opérations.
45:45 : vivre dans une société dans laquelle la violence symbolique est omniprésente et quotidienne, créant des peurs et des obstacles. Prise de conscience tardive sur ce qu’est la grossophobie.
52:40 : les complexes, évolution progressive dans son rapport aux poils
59:00 : se considérer comme négative, « de manière générale je n’arrive pas à me dire qu’un moment était bien ». Essaie de se détacher de ce prisme dans son rapport aux autres. Peur d’être perçue à travers ce prisme qui l’enferme.
1:09:00 : correspond à son genre, découverte des questions de genre et de la transidentité tardive. Découverte de la masturbation après ses 18 ans et grâce aux livres. Le flou autour de la masturbation féminine et de l’orgasme, les blocages psychologiques.
1:20:45 : Ne jamais avoir eu de copain, les peurs et les complexes que cela entraîne, le sentiment de ne pas être « normale », le sentiment d’ « amputation ». Les difficultés de rencontrer quelqu’un.et ses expériences négatives avec les hommes qui ont créé un sentiment d’insécurité.
1:31:00 : son rapport à la maternité transmis par sa mère
1:36:55 : les deux dernières questions ; se couper les cheveux en signe d’émancipation, aimer son corps fonctionnel et harmonieux. Reconnaissance mutuelle pour cette prise de parole, du bienfait de mettre des mots sur les choses, de « reconnaître que j’ai le droit de le dire » et de porter sa voix.

Références citées:
L’affiche / mini bande dessinée « Émotion » à lire et
Poésie visuelle : la chaîne Youtube de Natacha Birds et en particulier cette vidéo sur les complexes
et le compte instagram de CamilleTalks
Son compte instagram dédié à la lecture ; Les livres de dodo
Le livre « « Gros » n’est pas un gros mot , chroniques d’une discrimination ordinaire », de Daria Marx et Eva Perez-Bello du collectif Gras Politique
La page facebook du collectif Gras Politique
Le court métrage « Grosse » écrit et réalisé par Maxime Ginolin, produit par la société FEDMIND et disponible sur Youtube
La marque de vêtements Grain de malice qui taille du 36 au 48
Le site Gyn&Co qui a pour but de regrouper une liste de soignant.e.s féministes et safe
Le livre « Normal(e) » de Lisa Williamson et Mathilde Tamae-Bouhon sur la transidentité
Les articles sexo de Madmoizelle sur la masturbation
L’émission de Paulette Magazine hébergée sur Clique sur le plaisir féminin
Le site de rencontre Be Tolerant qui se veut LGBT+ et bienveillant

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Musique :
Tom Rosenthal, Zavi

Visuels :
Poulby de l'Atelier du sensible
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